anakine
Voir nos offres

Préavis de démission : durée, dispense et comment le négocier

PUBLIÉ LE 12 OCTOBRE 2020·MIS À JOUR LE 30 SEPTEMBRE 2026·LECTURE 9 MIN·POUR LES TALENTS

La réponse courte : oui, un préavis de démission se négocie. Le Code du travail ne fixe aucune durée pour la démission : elle vient de votre convention collective, de votre contrat ou des usages — en général un à trois mois en CDI, trois mois pour la plupart des cadres. Votre employeur peut vous en dispenser, totalement ou en partie ; il n’y est jamais obligé. Voici ce que dit le droit, et comment vous y prendre.

Quelle est la durée d’un préavis de démission ?

Contrairement au licenciement, la loi ne prévoit pas de durée générale de préavis pour la démission : l’article L1237-1 du Code du travail renvoie à la convention collective, à l’accord d’entreprise, au contrat de travail ou aux usages de la profession. Concrètement, dans la tech :

SITUATIONDURÉE HABITUELLEOÙ VÉRIFIER
Cadre en CDI (convention Syntec, la plus répandue dans l’IT)3 moisConvention collective, puis contrat
Non-cadre (ETAM) en CDI, convention Syntec1 mois (moins de 2 ans d’ancienneté) ou 2 mois (2 ans et plus)Convention collective, puis contrat
Période d’essaiDélai de prévenance de 24 h à 48 h selon la présence dans l’entrepriseCode du travail (art. L1221-26)
Autre convention collectiveVariable, souvent 1 à 3 mois selon le statut et l’anciennetéLe numéro IDCC figure sur votre bulletin de paie

Si votre contrat prévoit une durée plus courte que la convention collective, c’est le contrat qui s’applique ; s’il prévoit une durée plus longue, la convention l’emporte en général, sauf disposition plus favorable pour vous. En cas de doute, la fiche de votre convention sur code.travail.gouv.fr donne la réponse officielle.

Le préavis commence à courir à la date où l’employeur reçoit votre démission — d’où l’intérêt de la notifier par écrit, avec une date certaine (lettre recommandée ou remise en main propre contre signature).

Peut-on négocier son préavis ? Oui, toujours

Le préavis inscrit dans votre convention ou votre contrat n’est pas gravé dans le marbre : il peut être réduit ou supprimé d’un commun accord. La négociation n’est pas obligatoire, mais elle est fortement conseillée si vous avez accepté un nouveau poste et que votre futur employeur vous attend. Si vous ne demandez rien, il est peu probable qu’on vous le propose. Dans tous les cas, la décision revient à l’employeur : il est libre d’accepter ou de refuser.

Un point change tout dans la négociation : qui demande la dispense.

  • Vous demandez à partir plus tôt et l’employeur accepte : le contrat s’arrête à la date convenue, vous n’êtes pas payé pour la période non travaillée et aucune indemnité n’est due. Faites confirmer l’accord par écrit (un e-mail suffit), y compris la date de fin.
  • L’employeur vous dispense de son propre chef : il doit vous verser l’indemnité compensatrice de préavis, égale au salaire et aux avantages que vous auriez perçus en travaillant jusqu’au bout.
  • Vous partez avant la fin sans accord : l’employeur peut réclamer une indemnité équivalente au préavis non effectué, et le départ peut peser sur vos références. À éviter.

En cas de rupture conventionnelle, la notion de préavis disparaît : la date de départ se fixe d’un commun accord, dans le respect de la procédure et des délais légaux (entretien, délai de rétractation de 15 jours, homologation). Ce n’est pas un raccourci : comptez au minimum un mois.

Certaines situations dispensent de préavis de plein droit :

  • La salariée enceinte, qui peut démissionner sans préavis sur présentation d’un certificat médical, ainsi que le parent qui démissionne à l’issue d’un congé de maternité ou d’adoption pour élever son enfant.
  • Le salarié qui démissionne à l’issue d’un congé pour création ou reprise d’entreprise.
  • Les journalistes qui font jouer la clause de conscience.

Profitez de l’accord de votre employeur

Certaines entreprises n’ont pas l’intention de garder un employé sur le départ pendant plusieurs mois — soit en raison des circonstances de votre démission, soit parce qu’elles considèrent que vous avez déjà un pied ailleurs.

Il est également fréquent, dans les entreprises de service (ESN, anciennement SSII), que votre employeur n’ait aucun intérêt à vous garder si vous êtes en période d’inter-contrat.

Dans ce cas, elles peuvent décider que le préavis n’aura pas lieu, sans que vous ne le demandiez. Si la demande provient de l’employeur, vous serez indemnisé en touchant le salaire que vous auriez perçu si vous étiez resté : c’est l’indemnité compensatrice de préavis.

Négociez avec tact, mais actez votre démission

Si vous n’avez pas d’autre choix que d’y aller à pas de loup, prenez rendez-vous avec votre employeur (ou votre supérieur hiérarchique direct) et parlez-lui de votre intention de démissionner. Votre honnêteté et votre cran parleront pour vous : vous créerez les conditions idéales pour négocier sereinement la réduction de votre préavis.

Il est aussi important d’acter votre démission, car c’est la date de prise en compte de votre démission qui lance le compte à rebours du préavis. Si vous ne parvenez pas à négocier sa durée, vous serez au moins assuré d’être libre de tout engagement à une date maximale connue.

Congés, RTT et recherche d’emploi pendant le préavis

Trois questions reviennent systématiquement :

  • Poser des congés pendant le préavis. Des congés déjà validés avant la démission se prennent normalement et reportent la fin du préavis d’autant. Des congés demandés après la démission ne peuvent être imposés à l’employeur ; s’il les accepte, le préavis n’est pas prolongé sauf accord contraire. Les congés non pris sont payés à la sortie (indemnité compensatrice de congés payés).
  • Les RTT suivent la même logique : à solder avant le départ si l’employeur l’accepte, sinon payés selon l’accord d’entreprise applicable.
  • Les heures pour recherche d’emploi. Certaines conventions collectives accordent des heures d’absence pendant le préavis pour chercher un poste, parfois réservées au cas du licenciement. Le Code du travail n’en prévoit pas pour la démission : vérifiez votre convention.

Le récap du préavis

  • Il n’existe aucune durée de préavis fixe dans le Code du travail pour la démission. Seuls la convention collective, le contrat de travail ou les usages en fixent une : en général 3 mois pour un cadre, 1 à 2 mois pour un non-cadre.
  • Le préavis, même inscrit dans ces documents, reste modifiable par une négociation et une décision de l’employeur.
  • Le salarié peut demander à réduire son préavis, mais la décision revient toujours à l’employeur. Si c’est lui qui demande, il n’est pas payé pour la période non travaillée ; si c’est l’employeur qui dispense, une indemnité compensatrice est due.
  • En cas de rupture conventionnelle, le salarié n’a pas de préavis à effectuer. Il peut néanmoins demander à rester.
  • Si l’entreprise ne souhaite pas garder son employé démissionnaire pendant le préavis, elle peut choisir de s’en séparer, en payant une indemnité correspondant au salaire et aux avantages qu’il aurait dû toucher.
  • En cas de départ volontaire avant la fin du préavis sans accord de l’employeur, le salarié s’expose à des poursuites aux prud’hommes.
  • Mieux vaut rester honnête avec son employeur et expliquer avoir trouvé un nouveau poste avant de négocier son préavis.
  • Si vous ne pouvez pas partir malgré un poste qui vous attend, assurez-vous que votre futur employeur est prêt à vous attendre 2 ou 3 mois — d’où l’intérêt d’une promesse d’embauche. Un recruteur qui connaît le marché tech sait qu’un préavis de 3 mois est la norme pour un cadre et l’intègre dans le calendrier.

En résumé, la négociation de préavis demande de l’habileté et de la diplomatie. Tout dépend aussi, évidemment, de votre relation avec l’entreprise que vous quittez.

Questions fréquentes sur le préavis de démission

Peut-on négocier un préavis de démission ?

Oui. La durée prévue par la convention collective ou le contrat peut être réduite ou supprimée d’un commun accord avec l’employeur. Il n’est jamais obligé d’accepter, mais un nouveau poste qui vous attend et un départ bien préparé sont des arguments qui pèsent.

Que se passe-t-il si je ne fais pas mon préavis ?

Sans accord de l’employeur, partir avant la fin du préavis est une inexécution du contrat : l’employeur peut réclamer une indemnité correspondant au préavis non effectué, et la relation se termine mal. Négociez plutôt une réduction par écrit.

L’employeur peut-il m’obliger à faire tout mon préavis ?

Oui, s’il refuse la dispense que vous demandez, vous devez travailler jusqu’au terme. À l’inverse, il peut vous dispenser sans votre accord : il vous doit alors l’indemnité compensatrice de préavis.

Quel préavis pour un développeur cadre en CDI ?

Dans la grande majorité des entreprises tech, relevant de la convention Syntec, le préavis d’un cadre est de 3 mois. Il est souvent réduit à un ou deux mois par négociation, surtout quand l’équipe peut organiser la passation rapidement.

Envie d’un nouveau job tech ?

Décrivez-nous le poste idéal : un chasseur de têtes revient vers vous dès qu’une mission correspond — en toute confidentialité.

Candidature spontanée

Nos offres du moment

Développement, data, product, cloud, IA — des CDI qualifiés, partout en France.

Voir nos offres